La maçonnerie est une société de pensée qui se propose d’améliorer l’homme et la société. Elle favorise l’introspection et revendique une méthode de travail visant à installer un dialogue apaisé au service de la progression collective et de l’amitié fraternelle devant régner entre ses membres.
Les valeurs fondatrices de la Franc-Maçonnerie
La franc-maçonnerie moderne (dite spéculative) a été créée au 18° siècle en Angleterre pour reconstituer dans ce pays les liens sociaux mis à mal par une guerre civile. Elle s’est donnée pour mission « d’améliorer l’homme et la société » . L’un et l’autre ont toujours été les deux faces d’une même pièce car il n’a jamais existé d’hommes sans société ni de société sans hommes. L’homme est d’abord un mammifère social et si les hommes façonnent la société, elle les façonne tout autant en retour.
La franc-maçonnerie, d’abord anglaise, s’est rapidement trouvée une vocation « universelle », aucun homme, ni aucune société n’échappant – semble-t’il – au besoin d’être « améliorée ». Le paradoxe étant que, si tout le monde s’accorde généralement sur la nécessité d’améliorer les choses, la pluspart n’ont pas une idée très claire de ce que cela signifie concrètement et que ceux en ont une (idée très claire) ne sont généralement pas d’accord entre eux. Toutefois, tout le monde convient que l’amélioration de l’homme passe par chacun d’entre nous et que c’est la condition nécessaire pour améliorer la société. C’est une bonne raison pour commencer par cela.
Mais que veut dire s’améliorer ? Et qu’est-ce-qui doit être amélioré, selon quels critères, et pourquoi faire ? Ce sont les questions les plus anciennes de l’humanité. Elles constituent le programme des religions et les écoles philosophiques. La franc-maçonnerie n’est pas une religion mais plutôt une école philosophique qui emprunte à plusieurs traditions (y-compris religieuses) une partie des outils intellectuels qu’elle propose à ses membres.
Elle invite chacun d’entre nous placé face au dilemme « Je sais que je dois m’améliorer mais je ne suis pas certain de bien savoir ce que cela veut dire » à méditer le précepte des temps pré-socratiques « Connais-toi, toi-même ». Sous cet angle, la maçonnerie est une lente école d’introspection, de méditation et de réflexion collectives où, par la parole, chacun apporte à l’autre une partie de la réponse à la question « Qu’est-ce que la sagesse ? ».
Pour cela, nous nous réunissons deux fois par mois pour échanger , selon un ordre du jour communiqué à l’avance, sur des thèmes variés : sociaux, « sociétaux », philosophiques, culturels, personnels, artistiques ou symboliques. En échangeant sur ces sujets, dégagés du souci égotiste de paraître, de convaincre ou d’impressionner qui que ce soit, nous discernons ce qui, dans nos propres convictions relève de la croyance ou de la connaissance. Et, petit à petit, nous apprenons à nous connaître nous mêmes en apprenant à connaître les autres et en tissant avec eux un lien d’amitié fraternelle. Nous nous libérons peu à peu de nos préjugés et de nos croyances et apprenons à penser par nous-mêmes.
Ainsi peut-on tenter de décrire le travail en loge.
Installer un dialogue serein, désintéressé et sans jugement – à l’opposé des codes de la modernité – ne va pas de soi. Les francs-maçons utilisent une méthode de prise de parole (rituel) favorisant les échanges directs et sincères tout en prohibant les éclats, les emportements, les jugements sommaires et les déclarations péremptoires. Nous constituons le contre-modèle des réseaux sociaux.
Après un bref exposé présentant le sujet du jour, le président accorde la parole à quiconque la demande et chacun peut s’exprimer sans crainte d’être interrompu. Personne ne peut intervenir plus de trois fois sur le même sujet. Les interventions sont destinées au collectif : on ne peut s’adresser à une personne en particulier pour éviter que les discussions ne se réduisent à une série de dialogues. Quelle que puisse être la charge émotionnelle induite par certain sujets, chacun est invité à « raison garder », à comprendre plutôt qu’à juger.
Nous utilisons régulièrement un vocabulaire symbolique faisant appel à des images connues de tous mais dont il est impossible (comme pour un texte poétique) de figer une interprétation. En empêchant toute affirmation dogmatique sur des sujets qui ne s’y prêtent pas, le symbolisme ménage un espace aux méditations de chacun.
Ces éléments constituent une méthode de travail favorisant l’écoute, la tolérance, et l’argumentation rationnelle. Nous nous efforçons ainsi de progresser collectivement dans un esprit d’ouverture et de bienveillance.
La méthode maçonnique s’inscrit dans la durée et nécessite d’être régulièrement présent aux réunions sauf empêchement majeur.
Les participants n’ont pas le droit d’en divulguer le contenu à l’extérieur (discrétion). Pour que chacun s’exprime librement, ce qui est dit en loge doit rester en loge. Pas parce qu’il s’agirait de secrets inavouables mais parce que c’est trahir un ami que de répéter en public ce qu’il vous a livré en toute confiance.
Cette obligation de discrétion est la condition du travail en loge : sans elle, sans la confiance qu’elle cimente, ce qui se dit en loge ne serait pas différent ce ce qui peut se dire à la cantonade dans une brasserie ou sur un réseau « social ». Et il n’y aurait guère d’intérêt, dans ces conditions, à fréquenter une loge.
Pour ces mêmes raisons, un maçon peut parfaitement vous révéler sa qualité de maçon mais il lui est formellement interdit de dévoiler celle d’un autre parce que la volonté de discrétion de ce membre doit être respectée.
La convivialité, le plaisir de se retrouver et d’être ensemble, est une valeur cardinale de la Franc-Maçonnerie ! A la partie « sérieuse » des travaux succède un apéritif dînatoire ou un dîner décontracté, le plus souvent préparé par l’un ou l’une d’entre nous. Nous perpétuons ainsi la tradition des Anciens qui – du banquet de Platon au village gaulois d’Asterix – savaient que les repas pris en commun renforcent les liens amicaux. Mais contrairement à nos ancêtres querelleurs au sang chaud, nous encourageons nos bardes et ne les ligotons pas dans les arbres.
Lors d’une réunion publique récente, deux de nos membres, très différents en âge, avaient raconté leur expérience de vie au sein de notre loge. Voilà leur témoignage.
Après 3 ans de maçonnerie :
Après 33 ans de maçonnerie :
La vie maçonnique à-travers deux poèmes
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