Vivre la franc-maçonnerie

La franc-maçonnerie est une expérience intellectuelle, spirituelle et affective. On peut entrer dans une loge à 20 ans et la fréquenter encore 50 ans plus tard avec un enthousiasme intact. Même si le parcours s’arrête plus tôt, l’expérience de la vie en maçonnerie reste totalement personnelle et partiellement incommunicable. Elle évolue aussi au fur et à mesure que passent, pour chacun, les saisons. 

Une expérience unique

Toute tentative de définition intellectuelle de la franc-maçonnerie ne saurait la cerner, quelle que soit l’érudition de son auteur. Car la franc-maçonnerie est avant tout une expérience de vie, un compagnonnage. Maurice et Joël totalisent bientôt un siècle de maçonnerie à eux deux. L’un et l’autre se retournent sur cette aventure vécue au sein de leur loge chablaisienne « Tradition et Mouvement » du GODF (qui se réunit à Nangy). 

Dans le poème « Trois pas » Maurice évoque tout d’abord la cérémonie d’initiation, puis le travail en en loge et enfin le devoir de transmission. Il fait appel à de nombreuses images et symboles qui parleront immédiatement à tous les initiés.

Dans les « Mots d’Hiver » Joël, a entrelacé quelques uns de nos symboles dans cette méditation poétique dont l’amour constitue la trame.

Initiation d'un apprenti franc-maçon. Gravure, 1805 • WIKIMEDIACOMMONS

Trois pas

 Je cherchais un asile où je savais pouvoir

Longuement étancher ma soif de savoirs.

Ce lieu, je le savais, existait discrètement,

Et pour le découvrir je mis beaucoup de temps.

M’en approchant, confiant, j’en découvrais l’accès,

Heureux d’avoir trouvé ce à quoi j’aspirais.

Je frappais à la porte irrégulièrement

Et enfin on m’ouvrit après quelques instants.

L’on me pria d’attendre, de n’être pas pressé,

Enfin, savoir aussi qu’il faudrait voyager.

En parlant de voyages, j’en fis trois ce soir-là,

Au bras d’un inconnu qui dirigeait mes pas.

La nuit était totale, l’espace enténébré,

Mon cœur battait très fort, je me laissais guider.

L’on me fit visiter l’intérieur de la Terre

Qui m’éclaira bien plus que la pleine lumière.

Jamais je ne m’étais lu avec tant de clarté,

Ni n’étais descendu si profond en apnée

Au fond de mes avens aux verticales parois,

Là où je découvris la matrice du « moi ».

Et puis l’on m’apporta des outils pour graver,

Dans l’espace éthéré, quelques savantes pensées

Que je retiens encore quelques années après

En forme de talisman qui ne me quitte jamais. 

Dans ce temple merveilleux dédié à la raison,

J’ai rencontré parfois Aristote et Platon,

Montesquieu, Spinoza, Montaigne, La Boétie

Et tant d’autres maintenant condamnés à l’oubli

Qu’il conviendrait pourtant de réhabiliter

Pour parler république et puis laïcité.

Chacune de nos rencontres est source d’enrichissement

En concepts et en mots que je range précieusement.

Jamais je n’ai quitté ce chantier de sagesse

Sans éprouver l’envie d’y revenir sans cesse.

J’ai appris à goûter bien des philosophies,

Travaillant pour cela de midi à minuit,

Cortégé bien souvent de maîtres et compagnons

M’encourageant sans cesse dans mes explorations.

 

Apprendre n’est pas un droit, mais bien plus: un devoir,

Pour permettre un beau jour aux aveugles de voir,

Et servir dignement notre frêle humanité

Qu’il nous faudra sans cesse aider à s’éclairer.

J’ai percé le secret des nombres trois, cinq et sept

leurs clefs pour comprendre bien des pensées abstraites,

J’ai aussi voyagé d’Orient en Occident

En comparant sans cesse leurs lettrés enseignements.

Après bien des années passées à étudier

Sans jamais pour autant me sentir fatigué,

Le temps me semble venu de la méditation

et comme dernier ouvrage faire acte de transmission. 

Les Francs-Maçons (1736). Gravure de Louis-Fabrice Dubourg représentant un groupe de maçons devant un mur où sont accrochés les blasons des 129 loges anglaises.

Mots d'hiver

J’ai dessiné mes mots sur cette page

Mots écrits avec les braises de l’Amour.

Ma plume s’abandonne avec aisance,

J’accroche mon amour aux ailes de l’espérance.

Sous ma voûte étoilée, une larme de lune

Éclaire cette page, miroir de l’émotion,

Où nos lettres B et J s’attachent avec passion.

J’ai des images sous mes paupières,

Je revoie mes rêves, pas besoin de beaucoup plus.

Pour les jours noirs, je laisse faire l’éphémère et tout s’efface.

Je laisse faire l’éphémère et les jours passent.

Alors une harmonie douce et légère gorge mon cœur

Où je peux me noyer dans l’étreinte d’une lumière infinie.

Puis-je un jour vous crier le chant de mes silences.

Deux témoignages

Ils ont 3 ou 33 ans de maçonnerie et sont membres de « Fraternité Lémanique »

Déjà convaincu ?

Vous êtes intéressé par rejoindre notre loge ? Contactez-nous !